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FCO et MHE : malgré le reflux des foyers, la pression sanitaire reste forte en France. Calendrier vaccinal 2026, priorisation des sérotypes 3 et 8, gestion des troupeaux partiellement vaccinés et actions concrètes pour sécuriser les mouvements d’animaux.
FCO sérotypes 3 et 8, MHE : ce qu'il faut vacciner cette saison et pourquoi la fenêtre se referme

Pression FCO et MHE : une situation encore tendue malgré le reflux

Message-clé : malgré un net ralentissement, la fièvre catarrhale ovine (FCO) et la maladie hémorragique épizootique (MHE) restent très présentes en France, ce qui impose de sécuriser dès maintenant la vaccination FCO 2026 à l’échelle de chaque troupeau.

Selon les bilans sanitaires publiés par le ministère de l’Agriculture pour la campagne 2023-2024 (synthèses hebdomadaires FCO/MHE mises à jour jusqu’au 7 mai 2024), plusieurs milliers de foyers de fièvre catarrhale ovine ont été recensés en France métropolitaine. Sur la période allant du 1er juin 2023 au 7 mai 2024, 7 606 foyers de FCO sérotype 3 et 3 342 foyers de FCO sérotype 8 ont été confirmés, ce qui traduit une circulation virale encore intense, même si le pic épidémique est désormais passé. Pour les éleveurs de bovins et d’ovins, cette situation sanitaire impose de repenser la vaccination FCO 2026 comme un outil prioritaire de gestion des risques, au même titre que la conduite de pâturage ou la stratégie de reproduction, en s’appuyant sur les recommandations officielles du ministère et des réseaux de santé animale.

Les foyers de fièvre catarrhale restent concentrés dans le Sud-Ouest, mais la Bourgogne-Franche-Comté constitue toujours une ligne de démarcation entre les deux sérotypes, ce qui complique les mesures de gestion pour chaque foyer déclaré. Les données officielles indiquent que les foyers recensés en France pour la FCO sérotype 3 et la FCO sérotype 8 progressent encore semaine après semaine, même si la dynamique ralentit, et les services du ministère de l’Agriculture suivent de près cette évolution à travers des cartes régulièrement actualisées dans leurs bulletins épidémiologiques. Dans ce contexte, la vaccination FCO, qu’il s’agisse des vaccins FCO 1/4/8 historiques ou des nouveaux vaccins ciblant le sérotype BTV 3, devient un levier central pour protéger les animaux sensibles, réduire la diffusion virale et sécuriser les mouvements commerciaux.

La maladie hémorragique épizootique, ou MHE, connaît un net recul avec seulement 5 foyers recensés en France sur la période récente, contre 3 906 sur la période précédente selon les synthèses de GDS France publiées fin 2023. Cette baisse ne signifie pas pour autant que la maladie hémorragique soit sortie du radar, car la MHE reste une maladie émergente qui touche les bovins et peut fragiliser la santé animale dans des zones déjà marquées par l’ovine FCO. Les experts rappellent que la FCO et la MHE forment un couple de menaces vectorielles à surveiller, car la reprise de l’activité des moucherons vecteurs (culicoïdes) peut relancer en quelques semaines une série de foyers recensés en France dans des régions jusque-là épargnées, notamment si la couverture vaccinale FCO est insuffisante.

En Bourgogne-Franche-Comté, les données de GDS BFC pour la fin d’année 2023 montrent une cinquantaine de foyers de FCO sérotype 3, une trentaine de foyers de FCO sérotype 8 et une vingtaine de foyers de MHE, ce qui illustre la cohabitation des deux maladies sur un même territoire. Cette superposition de sérotypes de fièvre catarrhale et de maladie hémorragique épizootique complique le travail du vétérinaire de terrain, qui doit adapter les conseils de vaccination FCO, la surveillance MHE et la gestion des mouvements à chaque exploitation. Pour les éleveurs, l’enjeu est de comprendre comment ces foyers de FCO et ces foyers de MHE se traduisent concrètement en pertes économiques (mortalité, baisse de production laitière, retards de croissance), en contraintes de mouvements (certificats sanitaires, délais d’export) et en risques pour le bien-être des animaux au pâturage.

Le ministère de l’Agriculture a déjà élargi la zone de vaccination volontaire contre la fièvre catarrhale, et les communications officielles sur le site Agriculture Gouv insistent sur la responsabilité partagée entre éleveurs, vétérinaires et services de l’État. Dans une interview récente, Marc Fesneau, au ministère de l’Agriculture, a rappelé que la stratégie de campagne de vaccination doit tenir compte des sérotypes en circulation, des vaccins disponibles, des délais d’approvisionnement et de la situation sanitaire régionale. Les organisations de santé animale comme GDS France et la SNGTV soulignent que les sérotypes 3 et 8 de la FCO restent à l’origine d’une maladie à foyers multiples, et que seule une couverture vaccinale élevée des bovins et des ovins permet de réduire durablement le nombre de foyers recensés, avec une efficacité vaccinale généralement supérieure à 90 % lorsque le protocole est respecté.

Les experts de GDS Bourgogne-Franche-Comté résument ainsi l’enjeu de la saison : « Il est donc fortement recommandé de vacciner contre les 2 sérotypes les animaux, ovins comme bovins, avant la reprise de l’activité vectorielle qui débutera au printemps. » Cette phrase résume la fenêtre de tir actuelle, car la vaccination FCO 2026 n’a de sens que si les animaux sont protégés avant le redémarrage massif des vecteurs. Pour les exploitants, cela signifie programmer les injections en fonction de la mise à l’herbe, de la sortie tardive de certains lots et des contraintes de travail sur l’exploitation, sans attendre que la fièvre catarrhale ovine réapparaisse dans le voisinage, et en anticipant les délais réglementaires pour les mouvements d’animaux vaccinés.

Checklist pratique – Situation sanitaire FCO / MHE :
Qui surveiller ? Bovins et ovins dans les zones à foyers FCO sérotypes 3 et 8, bovins en priorité pour la MHE, animaux en transit ou destinés aux échanges.
Quand ? Avant la reprise de l’activité vectorielle au printemps, lors de tout signe clinique suspect et après tout mouvement d’animaux en provenance de zones à risque.
Quels outils ? Vaccination FCO, suivi des cartes de foyers et des bulletins sanitaires, échanges réguliers avec le vétérinaire, le GDS départemental et la DDETSPP pour les aspects réglementaires.
Impact économique ? Anticiper les restrictions de mouvements, les pertes de production en cas de foyer confirmé et les coûts liés aux visites vétérinaires supplémentaires ou aux analyses de laboratoire.

Prioriser les sérotypes 3 et 8 : calendrier, espèces et coûts à l’échelle du troupeau

Message-clé : pour la campagne de vaccination FCO 2026, la priorité va clairement aux sérotypes 3 et 8, avec un ciblage des reproducteurs et des jeunes animaux destinés aux échanges, afin de limiter les blocages commerciaux et les pertes sanitaires.

GDS France et la SNGTV placent clairement les sérotypes 3 et 8 de la fièvre catarrhale ovine en priorité absolue dans leurs recommandations de campagne de vaccination, notamment dans leurs notes techniques diffusées fin 2023. La raison est simple : ces deux sérotypes BTV sont responsables de la quasi-totalité des foyers de FCO actuellement recensés en France, et ils touchent à la fois les bovins et les ovins avec des formes parfois sévères de maladie. Pour un chef d’exploitation, la vaccination FCO 2026 doit donc cibler en premier lieu les animaux reproducteurs et les jeunes destinés aux échanges, car ce sont eux qui portent le plus de valeur économique et de risques de blocage commercial, en particulier pour les filières exportatrices.

Le calendrier vaccinal recommandé repose sur une primo-vaccination avant la mi-avril, suivie d’un rappel avant la mi-mai, avec une anticipation à la mi-mars pour la Corse où la saison vectorielle démarre plus tôt. Cette organisation permet d’obtenir une immunité solide au moment où la situation sanitaire se tend, lorsque les moucherons vecteurs de la fièvre catarrhale ovine deviennent actifs et que les foyers de FCO repartent à la hausse. Dans les faits, cela implique de planifier avec son vétérinaire les passages en ferme, de vérifier les stocks de vaccins FCO disponibles, qu’il s’agisse d’Hépizovac, de Bultavo 3 ou des vaccins FCO 1/4/8 historiques, et de répartir les lots d’animaux à vacciner sur plusieurs semaines, en tenant compte des délais d’immunisation indiqués dans les résumés des caractéristiques des produits.

Les bovins restent la cible principale de la vaccination FCO, car ils représentent un réservoir important pour le virus et sont au cœur des échanges commerciaux nationaux et internationaux. Dans le Sud-Ouest, 96,5 % du cheptel bovin était déjà vacciné fin janvier 2024, soit près de 700 000 bovins protégés contre la fièvre catarrhale, ce qui illustre l’efficacité d’une campagne de vaccination bien conduite et coordonnée avec les services de l’État. Pour les ovins, la vaccination contre les sérotypes 3 et 8 de la FCO est tout aussi stratégique, car l’ovine FCO peut provoquer des formes cliniques marquées, avec fièvre, lésions catarrhales et pertes de production, en particulier dans les troupeaux allaitants et laitiers, et entraîner des avortements ou des troubles de la reproduction.

La MHE, en tant que maladie hémorragique épizootique, touche surtout les bovins, mais son recul actuel ne doit pas faire oublier la nécessité de maintenir une vigilance sanitaire. Les recommandations actuelles privilégient la vaccination FCO dans les zones où les foyers de fièvre catarrhale sont nombreux, tout en gardant la MHE sous surveillance grâce à la remontée rapide des suspicions par les vétérinaires et les réseaux de santé animale. Pour les éleveurs, la question n’est pas de choisir entre fièvre catarrhale et maladie hémorragique, mais de hiérarchiser les priorités en fonction de la situation locale, des sérotypes en circulation, des coûts supportables pour l’exploitation et des éventuelles aides financières mobilisables au niveau régional.

Sur le plan économique, le coût indicatif d’une vaccination FCO complète reste modéré rapporté à la valeur d’un bovin reproducteur ou d’un lot d’ovins prêts à la vente. Les mesures de gestion d’un foyer de fièvre catarrhale, avec restrictions de mouvements, visites vétérinaires supplémentaires, analyses de confirmation et éventuelles pertes de production, pèsent souvent bien plus lourd que quelques euros de vaccin par animal. Dans cette optique, la vaccination FCO 2026 doit être pensée comme un investissement en santé animale et en fluidité commerciale, au même titre que les investissements dans le bien-être animal ou la réduction de l’empreinte carbone de l’exploitation, sujet détaillé dans un dossier dédié au bilan carbone d’une exploitation sur Agriculture Media, qui montre comment intégrer la prévention sanitaire dans une stratégie globale.

La comparaison avec d’autres risques sanitaires, comme l’influenza aviaire récemment repassée en risque modéré, montre que les filières qui anticipent les campagnes vaccinales s’en sortent mieux lors des crises. Un article détaillé sur la fin du confinement des volailles et ses conséquences pratiques illustre comment une stratégie sanitaire claire peut limiter les pertes et rassurer les filières. Pour la FCO et la MHE, la même logique s’applique : une campagne de vaccination bien calée sur le calendrier vectoriel, appuyée par des conseils vétérinaires, les informations du ministère de l’Agriculture et les fiches techniques de GDS France, réduit le nombre de foyers recensés et sécurise les projets d’investissement des exploitations.

Checklist pratique – Priorisation de la vaccination :
Qui vacciner en premier ? Bovins et ovins reproducteurs, jeunes animaux destinés aux échanges, lots situés en zones à foyers FCO ou à proximité de frontières sanitaires.
Quand vacciner ? Primo avant mi-avril (mi-mars en Corse), rappel avant mi-mai, en tenant compte de la mise à l’herbe et des délais d’acquisition de l’immunité.
Quels vaccins ? Vaccins FCO 1/4/8, Hépizovac, Bultavo 3 ou autres vaccins BTV 3 selon l’avis du vétérinaire, en respectant les posologies, les intervalles de rappel et la traçabilité des lots.
Coût indicatif ? Quelques euros par animal, à comparer aux pertes liées à un foyer de fièvre catarrhale, aux blocages de mouvements et aux éventuels abattages sanitaires.

Fenêtre vaccinale qui se referme : gérer les troupeaux partiellement vaccinés à la mise à l’herbe

Message-clé : à l’approche de la saison vectorielle, la priorité est de compléter rapidement les schémas vaccinaux FCO dans les troupeaux partiellement protégés, tout en adaptant la mise à l’herbe pour limiter l’exposition aux moucherons.

À l’heure de la mise à l’herbe, de nombreux éleveurs se retrouvent avec des troupeaux partiellement vaccinés contre la fièvre catarrhale ovine. Certains lots de bovins ont reçu la primo-vaccination FCO sérotypes 3 et 8, mais pas encore le rappel, tandis que des ovins de renouvellement n’ont pas tous été intégrés à la campagne de vaccination. Cette hétérogénéité complique la gestion des sorties au pâturage, surtout dans les zones où les foyers de FCO et les foyers de MHE ont été nombreux la saison précédente, et où les cartes de foyers publiées par le ministère et GDS France restent très denses.

La fenêtre vaccinale se referme progressivement, car l’activité des vecteurs augmente avec la hausse des températures et la présence d’animaux en plein air. Dans un troupeau partiellement vacciné, la priorité est de terminer au plus vite les rappels pour les bovins et les ovins déjà primovaccinés, afin de consolider l’immunité de groupe contre les sérotypes BTV 3 et 8. Les animaux non encore vaccinés doivent être hiérarchisés en fonction de leur exposition au risque, de leur valeur économique et des contraintes de manipulation, en lien étroit avec le vétérinaire de l’exploitation, qui pourra préciser les délais de protection après injection et les éventuels effets secondaires attendus (réactions locales transitoires, légère hyperthermie).

Sur le terrain, les mesures de gestion combinent souvent vaccination FCO, adaptation des dates de sortie et surveillance clinique renforcée des animaux sensibles. Les éleveurs peuvent par exemple retarder de quelques semaines la mise à l’herbe de certains lots de génisses non vaccinées, le temps de réaliser la primo-vaccination et le rappel, tout en sortant plus tôt les vaches adultes déjà protégées contre la fièvre catarrhale. Cette approche graduée permet de limiter le risque de voir apparaître un nouveau foyer de FCO ou une suspicion de maladie hémorragique épizootique en plein été, période où les interventions sont plus difficiles à organiser et où les contraintes de main-d’œuvre sont fortes.

Le bien-être animal reste un fil conducteur dans ces arbitrages, car une mise à l’herbe trop tardive peut générer du stress, des problèmes de locomotion et une surcharge des bâtiments. Les outils de protection individuelle, comme les équipements de contention ou les protections pour les membres des chevaux testées dans d’autres filières, montrent que l’organisation matérielle compte autant que la stratégie vaccinale pour limiter les accidents lors des manipulations. Dans les élevages bovins et ovins, investir dans du matériel adapté pour regrouper les animaux à vacciner facilite le travail, réduit le temps passé par semaine sur ces tâches sanitaires et diminue le risque d’accidents pour les intervenants.

Les informations publiées par Agriculture Gouv et relayées par GDS France insistent sur la nécessité de déclarer rapidement tout foyer suspect de fièvre catarrhale ou de maladie hémorragique, afin d’actualiser la carte des foyers recensés et d’ajuster les recommandations régionales. Chaque foyer confirmé permet de mieux comprendre la circulation des sérotypes et d’affiner les zones de vaccination prioritaire, ce qui renforce la cohérence entre les décisions nationales du ministère de l’Agriculture et les réalités de terrain. Pour les exploitants, suivre régulièrement la situation sanitaire départementale, en complément des échanges avec leur vétérinaire, devient un réflexe aussi important que de surveiller les marchés ou la météo, et conditionne parfois l’accès à certaines aides ou indemnisations.

À moyen terme, la combinaison d’une forte couverture vaccinale contre les sérotypes 3 et 8 de la FCO, d’une vigilance continue sur la MHE et d’une bonne circulation de l’information entre éleveurs, vétérinaires et services de l’État devrait réduire la fréquence des foyers en France. La campagne de vaccination FCO 2026 s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large de santé animale, où chaque exploitation adapte ses choix à son système, à ses objectifs commerciaux et à ses contraintes de travail. En agissant dès maintenant, avant que la fenêtre vaccinale ne se referme complètement, les éleveurs se donnent les moyens de protéger leurs animaux, de sécuriser leurs revenus et de contribuer à une meilleure résilience sanitaire des filières d’élevage, en lien étroit avec leur vétérinaire, leur GDS et la DDETSPP de leur département.

Checklist pratique – Gestion d’un troupeau partiellement vacciné :
Priorités immédiates : terminer les rappels FCO des animaux primovaccinés, cibler les lots les plus exposés au pâturage et aux échanges commerciaux.
Organisation de la mise à l’herbe : sortir en premier les animaux déjà protégés, retarder si possible les lots non vaccinés, regrouper les manipulations pour limiter le stress et optimiser le temps de travail.
Surveillance : observer quotidiennement fièvre, abattement, lésions buccales ou boiteries, et appeler rapidement le vétérinaire en cas de doute pour déclencher, si besoin, analyses et déclaration officielle de suspicion.
Objectif à moyen terme : atteindre une couverture vaccinale élevée sur bovins et ovins pour limiter durablement foyers FCO et risques liés à la MHE, tout en respectant les obligations réglementaires et les délais avant mouvements.

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